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« Sauver la peau », l’écriture à vif de David Léon

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Une écriture à vif, un sujet cruel – famille toxique, suicide d’un enfant – une mise en scène sans concession : Sauver la peau de David Léon laisse le spectateur saisi, au Théâtre Ouvert à Paris.

Sur le plateau baigné par un clair obscur, un miroir brisé au sol symbolise l’explosion que vient de vivre le personnage joué par Manuel Vallade : il vient d’apprendre le suicide de Mathieu, son jeune frère, qui s’est jeté sous un train.

« SALE PÉDÉ, HURLE MA MÈRE »

Manuel Vallade incarne le personnage principal, qui démissionne de son poste d’éducateur en institution parce que tout dans le « carcan institutionnel » lui rappelle la blessure de l’enfance.
La pièce rassemble les fragments du « chaos » pendant 1h15 comme les morceaux du miroir brisé : la méchanceté stupide des parents, la schizophrénie du petit Mathieu, le psoriasis de la sœur, l’homosexualité du frère aîné.

Mais il dit aussi les autres voix, celle du père, qui refuse de donner un euro pour le bus des enfants le jour de Noël, celle de la mère : « Sale pédé hurle ma mère, j’avais 12 ans » ou encore « depuis toujours, ta sœur c’était une vraie merde ».

BRIBES DE TENDRESSE
Le texte laisse peu d’espoir. Des bribes de tendresse le traversent, lorsque le narrateur dit qu’il avance avec « la mort sur mon épaule, mon ange ».

David Léon, 39 ans, est l’auteur de textes fulgurants sur l’enfance et la famille, tous mis en scène par Hélène Soulié. Tous deux sont anciens élèves de l’Ensad, l’école de théâtre de Montpellier.

Hélène Soulié a « choisi de travailler avec Manuel Vallade sur cette prise de parole à la fois intime et mordante ».

PIÈCES EN DIPTYQUE
Sauver la peau
est le spectacle « frère » d’une première pièce, jouée à Montpellier et au Théâtre de la Loge à Paris en 2014 et reprise au Théâtre Ouvert en ce moment : « Un Batman dans la tête », autour du personnage du jeune Mathieu (Thomas Blanchard).

« Très vite, j’ai imaginé la possibilité de présenter les deux pièces sous forme de diptyque, dans le même espace scénique », explique Hélène Soulié.

Dans Un Batman, c’est l’adolescent schizophrène qui parle, dans Sauver la peau c’est le frère meurtri, pour qui l’écriture est la seule « porte de sortie », l’unique moyen de « sauver la peau ». La pièce est aussi une belle réflexion sur l’impérieuse nécessité d’écrire, et cite joliment Deleuze, Duras, Céline, Koltès…

 

 


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