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Buzz Gay à Hô Chi Minh-Ville

Gay à Hô Chi Minh-Ville

Un million de Vietnamiens suivent les tribulations de trois jeunes gays dans une sitcom au succès surprise. Un souffle de liberté, alors que le pays est tiraillé sur la législation des unions homos.

Aéroport de Hô Chi Minh-Ville. Au milieu de la foule, deux jeunes gays se jettent éplorés dans les bras de leur mère, transgenre, avant son départ. Nguyên Dang Khoa, étudiant en cinéma, acteur et créateur de la série My Best Gay Friends (dangkhoadeptrai) , filme la scène avec un simple appareil photo numérique. les acteurs pouffent de rire et la scène d’adieu s’éternise. Ambiance potache. Des passants reconnaissent les acteurs et prennent avec eux un selfie aussitôt diffusé sur les réseaux sociaux.

« On est là pour s’amuser, pas pour se prendre au sérieux » rigole Khoa, qui arbore un éternel sourire sur son visage lunaire. une minijupe à changer pour un jean dans les toilettes de l’aéroport, et tout le monde repart à moto pour tourner sur l’étal d’un marché, sous l’oeil bienveillant des marchands habitués à voir débarquer la fine équipe.

En chemin, Khoa explique être le premier surpris d’avoir lancé un phénomène de société, dont chaque épisode est vu plus d’un million de fois sur le net. 

« Je pensais m’attirer qu’un petit nombre de gays vietnamiens, mais le bouche à oreille a fonctionné et des familles entières attendent avec impatience les nouveaux épisodes ». Même la presse vietnamienne, très souvent proche du gouvernement communiste au pouvoir, lui a ouvert ses pages.  Mais ne dites pas à Khoa qu’il est devenu l’icône gay national. « Je ne me vois pas du tout en porte-drapeau », défend-il. Il faut dire qu’au Vietnam, on peut finir en prison pour un mot posté sur internet ; l’an dernier, après avoir renoncé à fermer l’accès à Facebook, le gouvernement vietnamien à interdit d’y commenter l’actualité. Pas étonnant, dans ce contexte, que le militantisme LGBT y soit encore balbutiant. « On est au mieux ignorés, au pire traités de malades ou de fléau social!  » lâche Khoa excédé.

Impossible pour lui de vivre pleinement sans casser cette image. Il a d’ailleurs fallu sept année à sa famille pour accepter récemment son homosexualité.  Le succès de sa série y est certainement pour quelque chose. « Je voulais que toutes les familles vietnamiennes voient le vrai visage de l’homosexualité, montrer que nous avons des vies ordinaires, remplies d’émotions, d’amis, de liens familiaux. »

Khoa a puisé dans sa vie et celle de ses amis pour imaginer BÔ BA DI ,THOA, qu’on peut traduire par « Les trois petasses » mais pudiquement appelée My best gay Friends pour son sous-tritrage anglais. Khoa assume pleinement le côté « langue de pute » des trois amis qui donnent leur nom au titre original. « Cela me permet d’éviter le tragique et le larmoyant, même en abordant les questions de coming out et de rejet. Et puis, les Vietnamiens adorent les comédies! » Rires en bopite inclus.

Une façon d’attirer l’attention d’un large public, alors qu’aucune forme de reconnaissance des couples homos n’existe dans le pays. « Il n’y a pas de rejet violent comme dans certains pays, explique Khoa.  Mais le problème, c’est la famille! » Dans ce pays où tradition et famille sont les pilliers de la morale confucéenne, la pruderie marxiste a marqué la société de son sceau.

« Nos parents sont arqués sur la perspective de nous voir perpétuer leur descendance ».

Avec cette web-série, Khoa contribue à faire évoluer leur regard.


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