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Drague avec les applications de rencontre gays

Drague avec les applications de rencontre gays

Madonna y fait sa promo. Sam Smith trouve que « ça ruine la romance »… Grindr et les autres applications de rencontre sont devenues incontournables, mais à quel prix ?

« En matière de drague homosexuelle, il y a un avant et un après 2009 », s’exclame Tristan Bridges, professeur assistant au département de sociologie à l’université d’Etat de New York. 2009, c’est l’année de lancement d’une petite application de rencontre qui allait bouleverser la drague : Grindr.

Rapidement, l’application créée par Joel Simkhai, un Israélien immigré aux Etats-Unis, est devenue un must have pour les homos. Plus simple, plus mobile, plus attrayante et surtout plus efficace grâce à la géolocalisation, Grindr a ringardisé les sites  de rencontres traditionnels, comme l’admet Nicolas Pissard, créateur de Gboy.com.

« Depuis 2009, on a enregistré une réduction de 80% du temps de connexion des utilisateurs et de 50% des visiteurs uniques. La chute s’est cependant stabilisée depuis un an ou deux, mais le marché s’est considérablement réduit. »

Aujourd’hui, Grindr compte plus de 10 millions d’utilisateurs dans 192 pays, dont plus 1.1 million qui se connectent tous les jours. Un succès qui a forcément ouvert d’autres appétits. Dans son sillage, toute une myriade de « Hookup App« , comme Scruff, Jack’d ou Hornet, une app’ créée en 2009, quelques mois après Grindr, par Sean Howell.  » On vient de dépasser les 6.2 millions d’utilisateurs », se félicite cet ex-employé de la finance reconverti dans la drague sur mobile.

 

Un bouleversement sans précédent

En bons »early adopters », les homos ont toujours été friands de nouvelles technologie, comme les numéros de téléphone de réseaux de rencontres, le Minitel et les sites de chat sur le web. Mais la drague sur applications de rencontre opère un bouleversement sans précédent : « Nos plus grandes performances sont faites auprès des mecs de moins de 25 ans et de ceux de plus de 40 ans, analyse le patron de Hornet.  Les nouveaux gays accèdent naturellement à ce média, mais les mecs plus âgés ne se sentent nullement exclus. Même si pendant longtemps, c’est resté tabou.

Personne n’osait dire ; « J’ai rencontré mon mec en ligne. ». Alors qu’aujourd’hui cela paraît presque étrange de ne pas rencontrer son homme sur le net ! ». Mieux – ou pire : les « hookup App » seraient en train de détruire les anciennes formes de rencontres.

« Il n’est pas rare de voir dans un bar ou une soirée gays des mecs sortir leur smartphone pour aborder physiquement juste à côté d’eux », déplore Ivan, un jeune clubbeur de 23 ans. « Rien d’étonnant, explique Tanguy Vandenabeele, étudiant en master de sociologie à l’Université de Lille, qui vient de boucler un mémoire intitulé « Tu cherches ? Une analyse des applications géolocalisées de rencontres » : « L’écran est très rassurant et joue un rôle de matelas émotionnel. Se faire recaler par un garçon est moins pénible sur une application de rencontre. »

 

Un sentiment d’insécurité

Pour Tristan Bridges, le professeur de sociologie américain : « Si vous n’avez plus besoin de sortir dans un club ou un bar gay pour rencontrer un garçon, vous n’y allez plus. Dans un sens, Grindr contribue au déclin des commerces et quartiers gays. Plus encore que les modes de rencontres des homosexuels, l’application de rencontre gay change la physionomie de nos villes. »

Toujours selon le sociologue, mêmes si elles n’ont pas inventé les diktats physiques, ces applications de rencontres renforcent le sentiment d’insécurité de certains individus : « On définit sa recherche par la négative : « pas de gros », « pas de Noirs », « pas de mecs efféminés »…. La violence de ces phrases est aussi due à la limitation du nombre de caractères sur ces applications de rencontre.

Tanguy Vandenabeele, l’auteur de « Tu cherches? », met lui aussi en évidence plusieurs travers de la drague par application : « Tout le monde ne cherche pas la même chose sur Grindr. Certains cherchent l’amour, d’autres uniquement du sexe. C’est ce qu’on appelle de la « co-présence ». » Car, contrairement aux idées reçues, Grindr reste un lieu d’échange : « C’est cette nouvelle habitude de dialogue qui rend difficile de désinstaller l’application de rencontre. Grindr permet de multiplier les contacts et les compliments sur sa présentation, ses photos…. 9a crée des « liens faibles », c’est-à-dire de petites interactions disséminées dans le temps qui un peu à la manière d’un « like » sur Facebook créent un sentiment de reconnaissance. »

Ce qui explique que beaucoup d’utilisateurs de Grindr entretiennent avec l’application de rencontre le même rapport qu’avec la cigarette et se contente de se répéter tous les jours : « Demain, j’arrête. ».

 


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